Christine Lagarde at-elle déjà perdu la guerre contre l’inflation ?

Le problème avec la guerre, c’est qu’on sait quand ça commence – le 24 février pour l’invasion de l’Ukraine – mais jamais quand et comment cela finit. Personne ne sait dire quand Poutine aura atteint les objectifs de sa désormais famous « opération Militaire spéciale » and Ukraine. Ni d’ailleurs qui de la Russie ou de l’Ukraine gagnera cette guerre. Et donc impossible de prédire quand l’impact à double tranchant des sanctions notamment l’embargo sur le pétrole (peut-être bientôt sur le gaz) russe cessera de faire monter les prix de l’energie. Selon Robert Jules, des prévisions à plus the 150 dollars le baril sont en train de faire leur apparition, un scénario catastrophe pour les économies occidentales.

Pour l’inflation, c’est un peu la meme chose. On a beau tenter d’en prédire le pic, celui-ci a de fortes probabilités d’être reporté dans le temps parce que des éléments imprévus and allongent l’horizon. Ainsi, après l’avoir qualifiée de « temporaire », puis the « danger majeur » pour l’économie, les banquescentrales sont peut-être en train de perdre le control de l’inflation, faute de savoir ou the pouvoir agir avec suffisamment de force et a temps. Taper trop vite et trop fort, c’est risquer de faire plonger l’économie en recession ; mais le faire avec retard, ou trop mollement, peut faire perdre le control dans une spirale prix-salaries sans fin. Tel est le dilemme dans lequel nous allons nous enfermer.

À défaut de pouvoir bloquer les prix, l’arme anti-inflation par excellence, c’est le resserrement des politiques monétaires. La Réserve fédérale américaine (Fed), qui a déjà relevé de 0.25 point en mars puis de 0.50 point en mai son principal taux director, program deux hausses de 0.50 point en juin et juillet. Malgre cela, la hausse des prix a accéléré en mai aux Etats-Unis, et rien ne dit que l’action de la Fed sera suffisante, meme si commence à poindre la crainte d’une récession américaine.

En Europe, Christine Lagarde, la présidente française de la BCE, a finally décidé de donner un calendrier pour mettre fin au crédit facile et quasi gratuit† Outre l’arrêt de sa politique de rachats d’actifs, le fameux « Quantitative Easing » mass en place lors de la crisis Financière de 2008 et amplifié à l’occasion de celles des dettes souveraines, qui a fait gonfler son bilan de 1,200 à près the 9,000 billions d’euros, l’institution monetaire européenne a durci le ton et program une series de hausse des taux : 0.25 point en juillet, pour la première fois depuis our ans, un autre tour de vis en septembre qui pourrait atteindre le double en fonction du level de l’inflation, puis, probablement, une boom des taux régulière jusqu’à la fin du premier trimestre de 2023 lorsque serait atteint, selon ses prévisions, le fameux pic d’inflation.

Cela suffira-t-il ou bien la BCE est-elle déjà en retard, sachant que l’Europe est beaucoup plus exposée à une inflation par la hausse des prix de l’énergie en raison de sa dépendance plus forte, en Privé en Allemagne , aux hydrocarbures russes ? Coline Vazquez fait le point and six questions clefs

Ce qui est sûr, en tout cas, c’est que ce tournant dans les politiques monétaires change la donne pour l’économie global et les marchés financiers. Pour l’économie française, la hausse des taux intervient néanmoins comme une assurance anti-dérive budgetary, sauf à organizer un “Frexit” plus ou moins implicite, ce que n’exclut pas Jean-Luc Mélenchon prêt à un bras de fer avec ‘Europe pour imposer son plan de relance à 250 billions d’euros. Mais une victoire de la coalition de la gauche union autour de la Nupes aux Législatives est improbable. La hausse des taux de la BCE va réduire les margins de manœuvre d’Emmanuel Macron pour soutenir le pouvoir d’achat et risque de porter un coup à la promesse de retour au plein emploi, une promesse qui apparaît de plus en plus comme un miragesouligne Fanny Guinochet.

L’été sera-t-il meurtrier sur les marches ? s’interroge Eric Benhamou. Pour les marchés financiers, la hausse des taux de la BCE est aussi un coup dur avec une forte chute des bourses européennes et du CAC 40 et surtout la crainte d’un krach obligataire qui pourrait par contrecoup affecter l’épargne investie dans l’assurance-vie. Face au risque d’une rapide remontée des taux, les épargnants pourraient être tentés de faire des arbitrages en faveur du Livret A don’t la rémunération pourrait être relevée vers les 2% and août. Des experts commencent déjà à réclamer au gouvernement des mesures conservatoires pour éviter un blocage des fonds en euros comme le prevoit la loi Sapin 2.

All the pire est peut-être a venir avec le risk of denominations d’électricité, voire de gaz cet hiver. Contrairement à ce qu’affirme Emmanuel Macron, qui dit que cela n’arrivera pas, the nombreux experts de l’énergie s’attendent à de possibles denominations organisées auprès des industriels, et même auprès des privates, ce qui n’est pas arrivé depuis le début des années 1950, écrit Juliette Raynal.

Alors que l’OCDE et le FMI noircissent leurs prévisions pour l’économie global, les économistes de l’OFCE ont révisé en baisse at 2.4% against 2.7% la croissance attendue en France cette année, explique Gregory Normand. Le plongeon brutal de la consommation au premier trimestre, la croissance économique moins forte que prévu en 2021 (6.8% au lieu de 7%) et l’inflation élevée ont amené les économistes à assombrir leurs projections.

Le virage va être assez difficile à négocier et il est plus que temps que la France sorte de son interminable sequence électorale pour se mettre à agir. D’après un grand industrial allemand, on en est déjà outre-Rhin à prévoir un plan de résilience « What if » au cas où la guerre en Ukraine s’aggraverait et conduirait à un nouveau durcissement des sanctions avec des denominations de gaz. Un plan secret, mais qui prévoit quelles usines seront mises à l’arrêt, avec chômage partiel, ou maintenues en priorité.

Cette sombre perspective intervient alors qu’un nouveau choc va frapper le secteur automobile avec la bascule votée au Parliament européen vers le 100% électrique en 2035. d’apres Nabil Bourassiles constructeurs auto ont cependant largement anticipé cette échéance et comptent basculer à l’ère des batteries bien avant cette échéance† Ils craignent simplement que les consommateurs ne soient pas au rendezvous…

La semaine a aussi été marquée par le rejet de la reforme du marché européen du carbone qui prevoit de mettre en place un mécanisme de compensation aux frontières en raison d’une volonté des verts de durcir un dispositif déjà très controversé et qui risque de peser, au pire moment, sur la compétitivité des entreprises. Entre la croissance et le climat, il va bientôt falloir choisir.

retrouvez aussi le replay de la neuvième edition du Paris Air Forum, organized par La Tribune à la Maison de la Mutualite le 7 juin.

Et nos articles avec un entretien exclusif avec Thierry Breton, commissaire européen au marché interior, selon qui, si on additionne nos investissements prévus dans la defense, l’Europe sera devant la Chine. Guillaume Faury, Director General d’Airbus et Président du Gifas fait également le point au Paris Air Forum sur les perspectives de l’industrie aéronautique et de defense au temps de la guerre en Ukraine. L’aérien peut-il se verdir sans décroître ? Comment sortir du kerosene ? Patrick Pouyanné, le president de TotalEnergies, a debate avec Augustin de Romanet, le president d’ADP, sur le développement des carburants durables de l’aviation (lesson SAF).