Daniel Ouedraogo : «Le bitcoin va permettre à la RCA de lever les freins de la faiblesse des services banking»

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La Centrafrique a décidé au mois d’avril de s’ouvrir à la cryptomonnaie. Le bitcoin est ainsi devenu monnaie officielle, aux côtes du franc CFA. Seul le Salvador avait fait de meme auparavant. Une évolution vantée par les autorités mais qui inquiète la BEAC, the Banque des Etats de l’Afrique Centrale. Une délégation de spécialistes de cette cryptomonnaie s’est récemment rendue à Bangui où elle a été recue par le president Touadéra. Que penser d’un tel changement ? Ce pari n’est-il pas risqué à l’heure où le bitcoin perd de sa valeur ? Daniel Ouedraogo, economist principal à la fondation Afro, est notre invité.

RFI : Comprenez-vous la stratégie de la Centrafrique de faire du bitcoin sa monnaie officielle

Daniel Ouedraogo Cette decision est bien sûr éminemment politique. Mais d’un point de vue économique, la Centrafrique est un pays qui a des enjeux de bancarisation et d’inclusion Financière extrêmement importants parce qu’il s’agit d’un pays où le taux d’accès aux comptes inférieurs à aux comptes inférieurs 5%. Très peu de gens ont accès à la liquidité et il ya très peu d’infrastructures bancaires. Et compte tenu aussi de la faiblesse du développement de la telephonie mobile dans le pays, l’utilization du bitcoin peut paraître comme une solution, je dirais, relativement facile pour les autorités en place.

Quels avantages le pays peut-il tirer de cette monnaie

your dirais que, de façon absolue, l’utilisation d’une cryptomonnaie permet de lever les freins liés à la faiblesse des infrastructures banking. Ça va permettre d’améliorer les échanges économiques dans un pays où il n’y a pas assez de banques, très peu de gens ont des comptes bancaires. Donc, ça va permettre de regler ce problem. Et, au level international, j’imagine que le choix du bitcoin est lié à cela aussi parce que ça permet de developper leur commerce à l’international, compte tenu aussi du contexte international current. Mais, évidemment, le choix du bitcoin en private, compte tenu des caractéristiques intrinsèques de cette cryptomonnaie, ça expose le pays aussi à d’énorme risques. Même si le pays a adopté un cadre légal d’utilisation de la cryptomonnaie, il n’y a pas suffisamment de protection pour les consommateurs et je ne crois pas que le pays à lui tout seul puise garantir ce type de protection à l’échelle national.

Vous parlez de risque, c’est vrai que ce pari des autorités centrafricaines peut paraître risqué car le bitcoin a perdu la moitié de sa valeur sur ces six derniers mois.

exactness. Une démarche beaucoup plus structurée, plus prudente, aurait peut-être conduit la Centrafrique à adapter d’abord un raisonnement ou, en tout cas, une démarche plus, je dirais, régionale. Parce que la Centrafrique est dans la zone Cemac, dance une union monétaire donc, ça veut dire qu’elle partage des valeurs d’intégration économique ou monétaire au regional level. Donc déjà, on peut s’interroger sur l’intérêt d’une démarche solitaire comme celle-ci. Et, la deuxième question la plus importante, c’est évidemment le choix du bitcoin qui est une cryptomonnaie extrêmement volatile, la Centrafrique ne disposant pas des guarantees suffisantes pour protéger les utilisateurs du bitcoin contre cette forte volatilité cette peut avoieir cette peut avoieir. Ça expose donc les utilisateurs potenls du pays à des pertes importantes d’argent, du pouvoir d’achat, ce qui pourrait être un facteur aggravant des différentes crises que le pays connait déjà.

En passant par le bitcoin, la Centrafrique va échapper à tout contrôle. L’opposition centrafricaine craint une hausse du blanchiment d’argent et de la tax fraud. Vous partagez ces craintes

Dans la mesure où le contexte sécuritaire n’est pas stable en Centrafrique, l’utilization du bitcoin ouvre la voie au blanchissement d’argent, ça c’est tout à fait possible dans un contexte d’insécurité. Maintenant, il appartient aux autorités de fournir les guarantees. À un level individuel, ça parait très difficile de pouvoir fournir ce type de guarantee avec le bitcoin, compte tenu de l’absence de cadre, de législation, au level international.

Une large partie de la population centrafricaine n’a pas accès à internet. N’est-ce pas là un frein au développement du bitcoin et à son utilization par la population

C’est vrai que le level d’internet n’est pas forcément très développé. Mais aujourd’hui, avec quelques applications mobiles plus ou moins adaptées à la connexion en Afrique, on peut arriver à utiliser du bitcoin. Mais ça m’amène aussi à dire que d’autres technologies existent, des technologies pensées pour l’Afrique, y compris en tenant compte des défis de connexion qui sont beaucoup plus adaptés que le bitcoin. La technology de la blockchain, de ces cryptomonnaies, est beaucoup plus adaptées que cells du bitcoin pour l’Afrique.

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