D’où vient l’argument de Jordan Bardella, selon lequel «des retraités vivent avec huit euros par jour»? – Liberation

L’exemple répété par le president du RN pour critiquer le bilan presidentiel sur le pouvoir d’achat est tiré du témoignage d’une retreat sur LCI à la fin du mois de janvier.
Question posee le 2 mai, par Patrick

Jordan Bardella, porte-parole de Marine Le Pen pendant la campagne présidentielle et président du Rassemblement national (RN), use fréquemment, lorsqu’il évoque le pouvoir d’achat, et plus particulièrement celui des retraités, d’un élément de langage selon lequel «des retraités vivent avec huit euros par jour»

«La France que nous lègue Macron est un pays où des retraités vivent avec huit euros par jour»déclare-t-il sur BFMTV le 4 mars«Des retraités vivent avec huit euros par jour, des familles ne parviennent plus à se loger, à se chauffer, à faire le plein d’essence. Emmanuel Macron a effondre le pouvoir d’achat de millions de Français»répète-t-il deux jours plus tard sur la meme chaîne. «Les 60 % de taxes à la pompe, les retraités qui vivent avec huit euros par jour, les cambriolages et l’impunité à l’égard des criminals : la politique d’Emmanuel Macron est partout dans le quotidien des Français»insiste-t-il la semaine suivante, le 18 mars, sur Europe 1

Le témoignage d’une retreat sur LCI

Laure Lavalette, porte-parole du RN et candidate aux selections législatives dans le Var, indique à CheckNews que cette information provient d’une intervention d’une retraitée, en direct sur LCI. «Ça vient d’Edith, auditor de LCI, qui a livré un témoignage déchirant en janvier dernierdetail-t-elle. Elle n’arrive plus à se chauffer, car elle ne vit qu’avec huit euros par jour»† Avant d’ajouter : «Ce n’est pas la seule, j’en rencontre tous les jours sur le terrain, des retraités qui vivent avec moins de huit euros par jour»

CheckNews a retrouvé la séquence, diffusée le 27 janvier dans l’émission Ruth Elkrief 2022† Ce jour-là, la journaliste de la chaîne du groupe TF1 reçoit Agnès Pannier-Runacher, ministre déléguée chargée de l’Industrie, pour parler du pouvoir d’achat des Français. Au bout d’une vingtaine de minutes, Ruth Elkrief lance la thematique «se chauffer», avec une intervention : «Sur le chauffage, on va écouter Edith qui est retraitée, qui habite Argenteuil et qui a une facture de chauffage trop lourde».

L’auditrice en question, Edith, apparaît alors à l’écran et détaille sa situation : «Bonjour madame la Ministre, je suis Edith, je vis avec moins de huit euros par jour. Je suis retraitée et je n’arrive pas à me chauffer correctement. Je private de tous les loisirs. Mon loyer dépasse 50% de mes revenus. Qu’est-ce que vous envisagez pour des personnes comme moi ?»

La ministre, en plateau, lui répond : «Cette retreat from par exemple recevoir les 100 euros du cheque inflation à la fin du mois de février, ça, c’est très concret. Si elle est dans cette situation, elle est probablement bénéficiaire du chèque energie, c’est 250 euros cette année et ce sera versé en mars /avril. Ça fait donc 350 euros pour faire face à cette dépense.» Elle ajoute ensuite : «Compte tenu de ses moyens, n’a-t-elle pas intérêt à changer son système de chauffage et regarder les aides dont elle peut bénéficier ? Parce qu’au moment où elle changera son chauffage, ça lui coûtera un peu plus cher certainement, mais peut-être qu’en quelques mois ou en deux ans, elle sera capable de s’y retrouver dans ses dépenses et d’en avoir un benefice. C’est tout ça qu’il faut regarder pour accompagner cette dame.»

Extrapolation of the RN

Cette sequence avait suscité plusieurs reactions dans le champ politique. «Lunar», commentait on Twitter Olivier Faurele premier secretaire du PS. «A cette Française qui vit avec huit euros /jour, la ministre demande qu’elle change son système de chauffage pour faire des économies. Elle est à côte de la plaque»s’indignait de son côté Fabien Roussel, alors candidat à l’election présidettielle. Et Agnès Pannier-Runacher de répondre«Ce n’est pas ce que dit cette dame. Vous devriez réécouter son témoignage sincère. Il s’agit de reste à vivre, the boucler ses fins de mois. Cette situation is most insupportable. Mais les minima sociaux à la retreat ne sont pas de 240 euros /mois. Un peu d’honnete vous grandirait.»

Application par CheckNews, LCI n’a pu retrouver le contact d’Edith. Néanmoins, avec le peu d’éléments évoqués dans l’émission, on peut en déduire qu’Edith vit avec huit euros par jour (240 euros par mois), mais après avoir payé ses frais fixes, parmi lesquels son loyerqui à Argenteuil, «dépasse 50 % de ses revenus»† En effet, étant à la retreat, Edith doit au moins toucher l’allocation de solidarité aux personnes âgées (Aspa) – ancien minimum vieillesse –, the 917 euros par mois (si elle vit seule et n’a aucun autre revenu), et non pass 240 euros.

Par ailleurs, son reste à vivre dependant de sa situation personnelle, il est impossible de considérer que toutes les personnes au minimum vieillesse n’ont que huit euros à la fin du moins, une fois les factures payées. Et donc d’extrapoler sa situation à un ensemble – indéterminé – de «retreats qui vivent avec huit euros par jour».

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