Face à l’inflation, la question salariale devient de plus en plus pressante

C’est le grand dilemme du moment : avec la flambée des prix se pose de nouveau la question salary dance toute la zone euro. La Banque Centrale Européenne (BCE) aimerait que les salaires n’augmentent pas trop pour éviter que la demande entraîne une accélération de l’inflation. Cette « boucle prix – salaires », comme disent les économistes, serait alors compliquée à calmer. Les gouvernements, eux, sont dans une situation schizophrenique.

Ils preferaient que les salaires ne progressent pas trop vite. Ils voudraient éviter que les entreprises perdent en compétitivité et que la BCE soit forcée d’augmenter fortement ses taux d’intérêt. Cela pourrait countercarrer la reprise et meme provoquer une recession. Ils privilégient donc des mesures du type check inflation, ceiling des prix de l’électricité, ou baisse du prix du carburant. En pratique, l’Etat prend en charge une partie du coût de l’inflation.

Mais les gouvernements savent bien que si les salaires ne grimpent pas à terme, c’est le risque d’une explosion social qui se profile. Récession ou agitation social, aucun de ces deux écueils n’est souhaitable, particulièrement and period de guerre.

Des salaires encore sages

Pour l’instant, les salaires restent relativement sages dans la zone euro. Le chef économiste de la BCE, Philip Lane, an indiqué le mois dernier que « si l’on se concentre uniquement sur les accords salariaux conclus depuis le début de l’année, ceux-ci indiquent une croissance des salaires d’environ 3 % and 2022 and the 2.5% and 2023 ». Mais il ya peu de chances que cette modération perdure. Philip Lane l’a dit lui-même la semaine dernière lors d’un colloque organisé à Paris par le Center for Economic Policy Research (CEPR) : « Cela ne s’est pas encore produit mais cela va arriver : il y aura dans une certaine mesure un rattrapage des salaires » sur l’inflation constatée.

En effet, comme le fait remarquer Philippe Gudin, economist chez Barclays, « the marché du travail se tend dans la zone euro et des difficultés de recruitement apparaissent. Le taux de chômage est à son plus bass, at 6.8%. L’inflation est élevée et dépasse meme désormais 8%. Donc il ya forcement besoin d’une compensation des wages ». En clair, la modération salariale ne sera bientôt plus possible.

Des hausses de salaires inévitables

Les économistes de Citigroup tablent sur une inflation de 7.5% en average cette année dans la zone euro, avec un pic à 9.5% en September. Or, dans la zone euro, l’evolution de l’inflation est prize en compte dans les négociations salariales pour seulement 18 % des salariés. A peine 3 % des salaires du secteur private sont directement indexés. En Grèce, par exemple, l’inflation atteint 10% et les salaires augmenteront d’à peine 3% cette année. La perte de level de vie va être difficile à supporter pour beaucoup de familles grecques.

Pour Philippe Waechter, chef économiste d’Ostrum Asset Management, les hausses de salaires sont une partie de la solution, surtout dans un monde où les blocs régionaux se replient sur eux-mêmes et où la concurrence global pourrait donc reculer. « Il ne faut plus compter sur le consommateur américain ou chinois. La croissance européenne doit être plus autonomous. Et pour cela, il faut que la demande intérieure soit plus robuste, ce qui passe par une boom des salaires . Beaucoup d’entreprises le peuvent. Leurs profits ont grimpé après la pandémie, avec les aides d’Etat. Sans arriver à une indexation parfaite des salaires sur l’inflation, il existe des margins de maneuver qui ne mettent pas en danger les entreprises », milite-t-il.

Des primes et des controls des prix

D’autres sont plus prudents. Ainsi, l’économiste Jean Pisani-Ferry préfererait que les entreprises octroient des primes. Ce qui permettrait de préserver leur rentabilité future en cas de recession dans les prochains trimestres. Les prix de l’energie pourraient alors vite retomber. Pour sa part, Julien Marcilly, chef économiste de Global Sovereign Advisory, est favorable à des primes mais aussi à des « contrôles temporaires de certains prix malgré leur coût budgétaire immédiat », comme le plafonnement du prix de l’électricité, pour que les ménages anticipent une inflation plus élevée et exigent des boomses de salaires. Il est also possible the « supprimer des mécanismes d’indexation lorsqu’ils sont néfastes au consommateur en temps d’inflation élevée, c omme les loyers par exemple », défend-il.

Quoi qu’il en soit, il va bien falloir ouvrir le debate en France et dans la zone euro. Comment répartir le coût de l’inflation entre les menages et les entreprises ? Aucune des deux parties ne pourra supporter l’intégralité de l’addition.

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