Inflation : pourquoi la hausse des taux directors sème la pagaille sur les marchés

Cette semaine a été marquée par une baisse généralisée des marchés boursiers . Les investisseurs ont négativement réagi aux annonces des différentes banques centrals expliquant qu’elles allaient relever leurs taux directors. Mais pourquoi est-ce une mauvaise nouvelle pour les marches ? « Les Echos » fait le point en cinq questions.

1. Pourquoi la Fed at-elle relevé son taux director ?

Mercredi, la Réserve fédérale des Etats-Unis (Fed) a relevé ses taux d’intérêt de 75 points de base . Ses taux s’établissent désormais entre 1.5% and 1.75 %. Une hausse historique : il faut remonter à 1994 pour retrouver une augmentation aussi forte des taux.

Lorsque les taux de la Fed augmentent, il devient plus cher de s’endetter (pour les entreprises, les privates et l’Etat américain). Cela diminue la demande en biens et services, et, par effet ricochet, les prix. Ainsi, la Fed espère freiner une inflation devenue galopante .

And 2021, l’inflation était liée au redémarrage en trombe de l’économie global après la pandémie et à la hausse des prix de l’énergie. Au départ, les analystes estimaient que cette inflation allait peu à peu s’estomper. Mais depuis le début de l’année, l’evidence d’une inflation forte et durable s’est imposée. Aux Etats-Unis, au mois de mai, la hausse des prix a atteint 8.6% sur un an, un level qui n’avait pas été atteint depuis 40 ans. Et les économistes estiment que l’inflation atteindra 5.2% sur l’année complète.

2. Quid des autres banques centrals ?

La tendance au resserrement des politiques monétaires est global. Jeudi, la Banque nationale suisse a emboîté le pas à la Fed et a process à sa premiere hausse de taux depuis quinze ans. La Banque d’Angleterre, elle aussi, a commencé a durcir sa politique. Jeudi, elle a annoncé une boome de 25 points de base de son taux director , qui s’établit désormais at 1.25%.

The son côté, la BCE a prévu de relever ses taux directors lors de sa prochaine reunion le 21 juillet , avant une autre hausse en septembre. Les marchés monétaires anticipt une boome de 190 points de base des taux de la BCE d’ici décembre.

3. Quel a été l’effet du resserrement monétaire sur les Bourses ?

Des deux côtés de l’Atlantique, la remontée des taux directors a suscité un vent de panique sur les marchés. A Paris, le CAC 40 a chuté, jeudi, de 2.39%, ce qui l’a porté at 20% and dessous de son record historique de 7.376 points établi le 5 janvier. A Wall Street, les Bourses ont également accusé le coup. And recul de 3%, le S&P 500 a essuyé des pertes de l’ordre de 6% depuis le début de la semaine.

La raison? Les annonces faites par les banques centrals font craindre aux marchés un ralentissement de l’activité économique et donc, des perspectives de croissance moins importantes qu’espéré. « Les investisseurs anticipating a loss of return on investment and a loss of value in actions. C’est pourquoi ils sont moins incités à cheter des actions », explique Christine Rifflart, économiste à Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE). « Les investisseurs vont délaisser les titres boursiers au profit des titres obligataires, jugés plus sûrs », ajoute l’économiste.

4. Quel est l’impact de la relevée des taux sur les obligations d’Etat ?

Tout comme les privates et les entreprises, les Etats empruntent également sur les marchés financiers. Ils émettent des obligations, c’est-à-dire des titres de dette sur lesquels ils paient des interêts.

Le return de ces obligations (c’est-à-dire les taux d’intérêt payés par l’Etat à ses créanciers) correspond aux taux à long terme de référence des pays. Généralement, il augmente lorsque les taux directors remontent. En Europe, comme aux Etats-Unis, les yields souverains ont bondi de parfois 20 points de base pour atteindre des levels inédits depuis début 2014.

Ainsi, jeudi, le taux français se situait aux alentours de 2.25%. Celui de l’Italie at 3.73% après avoir dépassé les 4% dans la journée. Aux Etats-Unis, le taux à 10 ans s’élevait à plus the 3.33%. Avec cette hausse des taux, la charge de la dette s’alourdit pour les finances publiques.

Pour les Etats, c’est la fin d’une ère or la dette ne coûtait quasiment rien. En 2020, la France s’était même financée – pour ses obligations à moyen et long terme – à taux négatif (-0.14%). Autrement dit, la France gagnait de l’argent en empruntant. Cette époque est désormais revolue.

5. Pourquoi le marché des cryptomonnaies s’est-il lui aussi effondré ?

Le marché des cryptomonnaies est très sensible à la politique monétaire de la Fed. Premièrement, le trading de crypto s’est professionnalisé, ce qui explique que le marché des cryptos suit de plus en plus le cours des marchés boursiers. Ainsi, and avril-mai, le marché des cryptos avait plongé and meme temps que le Nasdaq, l’indice américain des valeurs technologiques.

Par ailleurs, à cause de la sous-performance de la Bourse, les investisseurs detendance à restreindre leur portfolio d’actifs risqués pour tenter de limiter la casse. Particulièrement volatils et donc risqués, les cryptoactifs sont les premieres victimes de ce phénomène. Valeur phare du marché, le Bitcoin, qui avait atteint un record à 68,992 dollars ne s’échangeait, jeudi, qu’à 19,500 dollars environ. Et quasiment toutes les cryptomonnaies ont été entraînées dans son sillage. Au total, le marché des cryptos ne vaut plus que 1,000 billions de dollars, contre trois fois plus l’an dernier.

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