Jerome Powell (Fed) ne rassure pas les marchés financiers

A l’issue de sa conférence de presse, mercredi soir, Jerome Powell, le president de la Fed, a pu constater qu’il n’avait pas vraiment convaincu les marchés, l’indice Dow Jones terminant la séance dans le rouge alors qu ‘il avait progressé à l’issue de la publication du communiqué qui ponctuait les deux jours de reunion du comité de la politique monétaire de la Fed (FOMC).

Quelques heures plus tard, les marchés asiatiques décrochaient également. La Bourse de Tokyo a chute de 3.11%. Les Bourses chinoises ont terminé aussi dans le rouge (Shanghai -1.78% and Hong Kong -1.99%). L’Europe reculait sensiblement dans les premiers échanges: Paris de 0.66%, Francfort de 1.35% and Milan de 0.65%. Londres resistance mieux (-0.02%).

Le ton jugé restrictif de la Fed a fait monter les yields des emprunts d’Etat américains, celui à 10 ans évoluait au-dessus de 1,83%, son plus haut depuis janvier 2020, comme celui à 2 ans, à 1,1862 %. Le dollar, lazy, s’apréciait notamment face à l’euro et à la livre sterling.

“L’économie est au plein emploi, la diffusion de l’inflation est bien visible et les pressions sur les chaînes d’approvisionnement toujours présentes. Après s’être enfermé trop longtemps dans un scénario transitoire sur l’inflation à reprendre cherche la main sans se laisser influencer par les bruits ambiants: géopolitique, impact omicron, baisse des marchés actions.

Mais une chose est sûre : le cycle d’ajustement monétaire sera plus rapide que lors des épisodes précédents car les fondamentaux économiques sous-jacents sont également plus robustes”commented Ronan Blanc, manager analyste chez Financière Arbevel.

L’inflation, l’inconnue de l’equation à résoudre

C’est bien ce rythme d’ajustement de la politique monétaire qui est l’inconnue de l’équation à résoudre pour la Fed afin de calmer une boom de prix dont hier soir Jerome Powell concédait qu’elle pourrait s’avér plus difficile maîtriser.

“L’inflation demeure le principal risque pour les marchés. Si la Fed se trompe sur le fait que cela commencera à se modérer en 2022, elle sera obligée d’accélérer le resserrement de sa politique, même si cela s’av les perturbère prix des actifs, et par consequent pour les investisseurs”explique James McCann, economist chez abrdn.

Car sur les annonces, il n’y a pas eu de surprise. Le communiqué a réaffirmé le principle d’une premiere boom des taux directors – aujourd’hui de 0% à 0.25% -, probablement en march, la fin du program des rachats d’actifs et le commencement de l’allègement du bilan de la Fed (9,000 billions de dollars), qui a double depuis mars 2020, avec le début de la pandémie du Covid-19. Rest toutefois à en connaître le calendrier, ce que la patron de la Fed s’est bien gardé de fixer, lors de la séance de questions.

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Misant toujours sur une résorption des goulets d’étranglement dans les chaînes d’approvisionnement qui continue de peser sur l’offre de produits, notamment ceux de l’énergie – here le baril de pétrole de Brent a passé la barre des 90 dollars – et de l’alimentaire, il reconnaît aussi que le mouvement prendra plus de temps que prévu et qu’il commence à avoir une dimension social et politique importante pour les entreprises et les menages américains.

“Nous comprenons les difficultés que pose une inflation élevée pour les individus et les familles, en Privé qui ont des moyens limits pour absorber des prix plus élevés pour des produits essentials tels que la nourriture et le transport”assures Jerome Powell here.

Pour autant, cela signifie-t-il que le nombre de hausse de taux sera supérieure aux trois envisagees par la Fed ? Rien n’est moins sûr, selon le president de la Fed qui a surtout voulu faire preuve de pragmatism et de prudence.

Pas d’orientations explicites sur la politique des taux”

“Cela ne signifie pas en effet que dans un avenir proche la Fed va resserrer sa politique monétaire à chaque reunion. Powell a aussi déclaré que la politique devra être “agile”, très dépendante de l’évolution de la conjoncture, avertit Willem Verhagen, avertit Willem Verhagen, Senior Economist Multi-Asset chez NN IP.

Il a meme dit que cette dépendance aux indicateurs était à double sens : la Fed pourrait tout autant être plus offensive que plus accommodante qu’elle ne l’envisage actuellement. Autrement dit, pour la première fois depuis des années, elle ne donne pas d’orientations explicites sur sa politique des taux, poursuit l’économiste.

Or c’est un instrument clé de la politique monétaire surtout quand on sait que le taux director sera maintenu autour de 0% pendant un certain temps. Cette absence d’orientation traduit en réalité l’environnement très incertain dans lequel la Fed et les marchés évoluent. Si l’inflation reste élevée au second semestre et que les salaires continuet à progresser, la Fed pourrait bien devoir augmenter les taux à chaque reunion, et une boom de 50 points de base n’est pas exclue”conclusion Willem Verhagen, Senior Economist Multi-Asset chez NN IP.