La BCE entérine la fin de l’argent facile

C’est la fin d’une ère pour le marché obligataire. Celle de l’argent facile et pas cher, qui a débuté il ya huit ans. La Banque Centrale européenne a confirmé, ce jeudi à l’issue d’un Conseil des governors exceptionnellement délocalisé à Amsterdam, la fin de son program d’achats d’actifs (APP). Celui-ci se terminera le 1er juillet prochain.

Ce n’est pas une surprise. Cette decision avait été évoquée dès février et a pris de plus en plus de légitimité au fur et à mesure que l’inflation en zone euro enchaînait les records, atteignant même 8.1 % en mai. Et les nouvelles anticipations de la BCE prévoient désormais une inflation at 3.5% and 2023 et at 2.1% and 2024. Mis en place en 2015 pour lutter contre le spectre de la déflation, l’APP n’a donc plus sa place en period the forte boom des prix. « Nous devons tenir le cap et être déterminés à contenir l’inflation », a confirmé la presidente de la banque Centrale, Christine Lagarde.

Cette decision est néanmoins primordiale. And premier lieu parce que, même si le montant mensuel de ses achats a baissé depuis le début de l’année, l’APP continuait à déverser des milliards d’euros de liquidité sur le marché obligataire. Celui-ci va désormais devoir apprendre à vivre sans ce soutien, qui a permis de maintenir des conditions de financement très avantageuses pour les Etats de la zone euro pendant sept ans.

Premiere hausse de taux en juillet

L’extinction des achats ouvre aussi la porte, selon la chronologie que s’est fixée la BCE, à une prochaine hausse des taux directors. L’Institution de Francfort a confirmé qu’un premier relèvement the 25 points de base aurait lieu des le mois de juillet. Un engagement peu courant dans le monde des banquescentrales, où l’on préfère l’ambiguïté constructive. Christine Lagarde est même allée plus loin, expliquant qu’il s’agissait du « début d’un voyage » aboutissant à la fin des mesures extraordinaires depuis 2015.

La Française a confirmé qu’une nouvelle hausse aurait lieu en septembre, et que ce deuxième tour de vis pourrait être bien plus important. Car si Christine la garde a qualifié de « bonne pratique » une premiere boom de 25 points de base, ampleur de référence des futurs relèvements de taux selon Philip Lane, l’économiste en chef de la BCE, elle a affirmé que la BCE était prête à frapper plus fort par la suite. « La hausse des taux d’intérêt directors prévue pour septembre pourra être plus importante [que 25 pb] si les prévisions d’inflation [de la BCE] pour 2024 sont égales ou supérieures at 2.1 % », a tranché la presidente.

Chemin vers la normalisation

« Le chemin vers la normalization ne s’arrêtera pas en septembre », avertit Carsten Brzeski, chez ING. Christine Lagarde a tenu a rassurer, signalant que les hausses de taux seraient progressives. « Mais, souligne Frederik Ducrozet chez Pictet, la presidente de la BCE a précisé que le rythme serait graduel et soutenu. Autrement dit, le Conseil des governors pourrait décider d’une boom de taux à chacune de ses quatre réunions d’ici décembre. » En prenant l’hypothèse d’une boom de 50 pb en septembre, le taux de dépôt s’élèverait ainsi at 0.75 % en décembre, son plus haut level depuis juillet 2011.

Clarifications attendues

En revanche, la presidente de la BCE s’est montrée bien plus évasive sur les moyens que la BCE entend mettre en oeuvre pour éviter que le durcissement de sa politique monétaire ne ressuscite le risque d’une fragmentation de la zone euro . Autrement this, un accroissement des écarts des coûts d’emprunts entre les différents pays qui pourrait déboucher sur une nouvelle crisis de l’euro.

« Si cela s’avère necessaire, comme nous l’avons amplement démontré dans le passé, nous déploierons les instruments existants ou de nouveaux instruments. Nous sommes engagés – engagés ! – à transmettre correctement notre politique monétaire », a déclaré la Française. Une affirmation insuffisante pour assurer les marchés.

Dans un contexte généralisé the boom des taux d’Etat européens, le 10 ans italien a bondi de 25 points de base, at 3.61%, alors que son equivalent allemand ne progressait que the 9 points de base. L’écart entre les deux (spread) s’est élevé à 218 points de base, au plus haut depuis plus de deux ans. « Comme le montre la réaction des marchés obligataires au communiqué et à la conférence de presse, la BCE semble « désarmée » face à des tensions sur les spreads », conclusion Aurel BGC.

Le 10 ans français dépasse les 2 %

Le taux français à 10 ans a bondi de près de 13 points de base en séance, dépassant les 2% pour la première fois en plus de huit ans. And début d’année, il évoluait encore at 0.20%.

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