La bulle de la tech explosera-t-elle cette année ?

La tech sur un nuage. Depuis quelques années, les start up françaises enchaînent les opérations de financement de grande ampleur auprès d’investisseurs, qu’ils soient nationaux ou étrangers. And janvier, la French Tech a enregistré sa 25e licorne, mot utilisé pour désigner une jeune société don’t la valeur Financière le milliard de dollars. Quand, en 2019, le gouvernement avait fixé pour cible à atteindre ce chiffre en 2025, beaucoup s’étaient montrés sceptiques devant une telle ambition. L’objectif a pourtant été atteint avec trois ans d’avance ! Le numérique est porte par des vents favorables. Les jeunes pousses tricolores dans leur ensemble ont levé 11,6 milliards d’euros l’an dernier, plus du double de 2020 et un bond de 39% per rapport à 2019 (année « normal », non affectée par le Covid-19) . Les « écosystèmes » britannique et allemand ont connu également de fortes progressions : + 155 % et + 209% l’an dernier, respectivement.

Fort vent d’ouest

Ce boom du digital trouve son origine aux Etats-Unis, où les valeurs technologiques font l’objet d’un appétit sans précédent de la part des investisseurs. Les stars de la Bourse s’appellent Google, Apple, Facebook, Amazon et Microsoft. Premieres capitalizations boursières globals, les fameux Gafam ont entraîné dans leur sillage des pépites comme Netflix, Tesla ou Nvidia, au point que le Nasdaq 100, un indice boursier américain à forte coloration technologique, affiche une croissuiance 2010 20 % de prè Performance bien supérieure aux indices traditionnels comme le Dow Jones ou le CAC 40. Pas si étonnant, vu que le numérique s’étend dans tous les domaines de l’économie. La preuve, les Gafam tent des incursions dans les secteurs de la santé, de la finance ou encore de l’automobile. Par ailleurs, la pandémie n’a fait qu’accélérer la digitalisation de nosvies – du télétravail aux achats en ligne, en passant par le streaming the films ou la diffusion de concerts sur Fortnite.

On a néanmoins de quoi s’étonner, voire s’inquiéter, de la vitesse à laquelle les valeurs technologiques bondissent. « L’explosion des cours de Bourse ces deux dernières années s’expliquerait par un changement complet de paradigme. J’ai personnellement du mal a y croire. L’effet de mode autour du metaverse, présenté comme l’Internet du futur, témoigne par exemple d’un emballement qui me paraît excessif », nuance Paul-Olivier Klein, maître de conférences en sciences de gestion à l’IAE Lyon School of Management. Le spécialiste redoute un retournement brutal de la tendance and cas de ralentissement économique mondial. « Il ya un biais cognitif en faveur des données, qui entraîne une survalorisation de certaines sociétés. Ce contexte rappelle l’éclatement de la bulle Internet en 2000 », estime de son côté Thibault Laurentjoye, professor assistant d’économie à l’université d’Aalborg, au Danemark. Cette année-là, les investisseurs pris de panique se mirent à vendre massivement leurs actions dans des sociétés Internet, menant nombre d’entre elles à la bankruptcy.

Un substitute aux emprunts souverains

On parle de « bulle » lorsque le prize d’une famille d’actifs financiers s’envole sans que la realité économique des entreprises ne le justifie. Emerge alors une décorrélation entre la sphère Financière, alimentée par la spéculation, et la sphère économique. L’indicateur de prix est déformé : ce dernier ne reflète plus la « vraie » valeur du bien. A travers l’étude des bulles, l’économiste américain Richard Thaler, théoricien de la finance comportementale, a mis en évidence l’exubérance des marchés financiers et leur incapacité à organizer une juste allocation des fonds entre actifs. The crisis of the bulle of produits financiers associés à des credits immobiliers aux Etats-Unis qui a déclenché la crisis Financière Wereld de 2008. Les matières premières sont également sujettes à des phénomènes fréquents de bulle. « Le Nasdaq a abrité at the nombreuses reprises des périodes d’exubérance »ajoute Paul-Olivier Klein.

Le contexte macroéconomique doit être pris en compte pour comprendre l’emballement actuel autour des actions technologiques. Les banquescentrales meet en place des politiques monétaires extrêmement volontaristes depuis 2007, multipliant les injections de liquidités sur les marchés. Leur bilan a été multiplié by sept environ entre 2007 et 2020. Et, ces deux dernières années, elles n’ont pas lésiné sur les moyens pour contenir les effets de la crisis sanitaire. Selon l’Insee, le bilan de la Banque Centrale européenne (BCE) a ainsi bondi de 2 800 billions d’euros, soit 60%, entre mars 2020 et avril 2021, tandis que celui de la Réserve fédérale américaine (Fed) s’ est envolé de 90 % en un peu plus d’un an.

« Comme les banquescentrales ciblent à 75-80 % de la dette publique, la demande pour ces titres augmente fortement et cela fait chuter les taux des emprunts souverains », soulig Thibault Laurentjoye. Les investisseurs à la recherche de yield on été contraints de “compenser” la perte de rémunération sur ces actifs sûrs en achetant plus the titres risqués, comme les actions d’entreprises. « Les taux réels négatifs sur les obligations souveraines constituent une formidable incitation à s’exposer à des actifs risqués, et notamment aux valeurs de la tech »résumé le dirigeant d’un fonds d’investissement spécialisé dans le numérique. « Le prix des entreprises technologiques me rappelle de plus en plus le marché de l’art. Il n’y a pas de rationnel pour evaluator le prize d’un tableau. Les acheteurs ont simplement la certitude de pouvoir revendre plus cher ensuite »complete Julien Maldonato, spécialiste de l’innovation et du Web3 au cabinet de conseil Deloitte.

Montant’s eccentrics

Effectivement, les indicateurs utilisés habituellement pour analyzer le cours de Bourse d’une société ne s’appliquent pas aux pépites de la tech. Le ratio qui divise la capitalization boursière par le profit est inutilisable quand l’entreprise n’est pas encore rentable, ce qui est le cas de nombreuses start up numbers. La valorisation by client donne, quant à elle, des montants excentriques. Un exemple : suite à une levée de fonds de 486 millions d’euros début janvier, la banque en ligne française Qonto était valorisée 4.4 billions, alors qu’elle ne comptait que 200,000 clients. La Société générale, qui se targue d’avoir 30 millions de clients dans 61 pays, valait au même moment 24 billions d’euros en Bourse. Le client est « valorisé » 800 euros dans le second cas, contre… 22 000 euros pour Qonto ! Difficile a justifier.

The flambée des cours de Bourse dans le numérique se répercute d’ailleurs dans la valorisation des start up non cotées – d’où la multiplication du nombre de « licornes », and France comme ailleurs. En concurrence pour s’arroger les jeunes pousses les plus prometteuses, les investisseurs accélèrent leurs décisions d’achat, even a bâcler leur étude de marché. « Les fonds d’investissement ou grandes entreprises qui font appel à nos services des moins en moins de temps pour mener leurs analyses. C’est devenu un peu comme l’immobilier à Paris : si on tarde à faire une offre, on perd l’appartement »temoigne Julien Maldonato.

Dur début d’année

Il ya donc bulle, mais quand dégonflera-t-elle ? Le début de l’année s’avère éprouvant pour les géants de la tech et pourrait préfigurer un retournement de trendance. And cause, le resserrement de la politique monétaire de la Reserve fédérale américaine. La Fed a décidé de s’attaquer à l’inflation, qu’elle ne considere plus comme simplement temporaire. Elle a laisseur entendre qu’elle relèverait ses taux à plusieurs reprises cette année. Les actifs sûrs devraient donc retrouver de l’attrait, au détriment de valeurs risquées comme cells de la tech.

A cela s’ajoutent des mauvaises nouvelles, comme les résultats décevants de Netflix ou la baisse du nombre d’utilisateurs de Facebook au dernier trimestre, inédite dans son histoire. Ces deux actions on chuté de plus de 30% depuis le début de l’année. La nervousness gagne les marches. Une partie des investisseurs se détournent d’entreprises non rentables mais jugées jusque-là prometteuses, telles que le logiciel de visioconférence Zoom ou la solution de télémédecine Teladoc. Le fonds d’investissement américain ARK Innovation, spécialisé dans ces sociétés trop jeunes pour dégager des profits, a perdu la moitié de sa valeur en un an. Les vendeurs à découvert s’attaquent à des stars du secteur comme le logiciel de cybersecurity Darktrace.

La « techno parade » s’essouffle

Est-ce la fin de la « techno parade », comme s’interroge malicieusement un analyste financier dans une note recente ? Si la vigilance est de mise, les investisseurs ne cèdent pas pour l’instant à la panique. « Les secteurs à forte croissance connaissent régulièrement des periods of turbulence. Ce fut le cas pour la tech en janvier 2016 et au dernier trimestre 2018. Mais les fondamentaux restent bons »estime Stéphane Lago, spécialiste de l’investissement en actions chez Axa Investment Managers, société qui gère de l’argent pour le compte du groupe Axa, mais aussi pour ceux de fonds de pension et de banques Internationales.

Avec le ralentissement de la croissance global et les incertitudes quant aux conséquences des hausses de taux mises en œuvre par la Fed, « la probabilité augmente qu’il y ait des corrections de plus en plus fortes », alert néanmoins Thibault Laurentjoye. Doit-on d’ores et déjà craindre un remake de l’effondrement des dotcom ? Heureusement, le tableau ne paraît pas aussi inquiétant qu’en 2000. D’une part, la tech s’est étendue à des usages beaucoup plus diversifiés que les simples sites Internet : l’intelligence artificielle, le cloud ou encore la robotique sont passés par là. D’autre part, si, comme en 2000, beaucoup d’entreprises du numérique ne sont pas rentables, les géants du secteur rassurent par la solidité de leur bilan. Microsoft, Apple or Google dispose of the montagnes de cash and the levels of profits qui les positionnent comme des valeurs refuges.

Mais il ya un lapel à la médaille. Les capitalizations des grandes sociétés numériques ont pris une telle importance en Bourse qu’en cas d’éclatement de la bulle tech, les répercussions sur le système financier seraient bien plus importantes qu’en 2000. On comprend donc la prudence centra des banquiers.

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