« La génération des boomers est prédatrice », l’analyse de François de Closets

Cette rupture est inscribe dans les chiffres. La France des années 1960 est celle qui a une croissance extraordinaire, qui équilibre parfaitement ses finances. C’est une grande puissance industrielle et elle est quasiment à la tête de l’Europe. La France des années 1970, elle, accumule les déficits et commence à s’enfoncer. L’instant exact de cette rupture est le premier choc pétrolier, quand chacun se demande qui va payer l’augmentation du prix de l’essence… Or, à l’époque, le president Georges Pompidou n’a que le moth croissance à la bouche. Lui qui a négocié…

Cette rupture est inscribe dans les chiffres. La France des années 1960 est celle qui a une croissance extraordinaire, qui équilibre parfaitement ses finances. C’est une grande puissance industrielle et elle est quasiment à la tête de l’Europe. La France des années 1970, elle, accumule les déficits et commence à s’enfoncer. L’instant exact de cette rupture est le premier choc pétrolier, quand chacun se demande qui va payer l’augmentation du prix de l’essence… Or, à l’époque, le president Georges Pompidou n’a que le moth croissance à la bouche. Lui qui a négocié mai 1968, est en outre obsédé par le character explosif des Français. D’où sa famous phrase : « Faut pas les emmerder ! » D’où également l’idée de faire payer les entreprises en augmentant leurs charges. Effectivement, les salaires ont continué d’augmenter et les Français n’ont perçu aucune crisis…

C’est la rupture avec la conception gaulliste de la nation ?

All in all. De Gaulle avait miss les Français au service de la France. La, on a mis la France au service des Français. Il ne fallait rien faire qui puisse les contrarier ! Même si les institutions perduraient, on a basculé dans une autre République. Mais il ne faut pas donner à croire que le mouvement de 68 a été à lui seul la cause de ce changement. La vérité, c’est que les Français des années 1960 on suivi de Gaulle mais sans avoir envie de servir la France. Ils découvraient le comfort et trouvaient finalment que « le vieux » les embetait. Raison pour laquelle ils l’ont fait partir. J’ai beaucoup travaillé sur cette histoire contemporaine à travers mes livres et j’ai eu tendance à mettre en cause les partis, les syndicats, les corporations, alors que l’acteur principal de tout cela, ce sont les générations.

« Le danger évident de vivre une époque aussi heureuse, c’est de ne pas être prêt quand les choses devinnent difficiles »

Les boomers sont les enfants de parents qui ont connu la guerre, les privations. Comment leur reprocher cette soif de plaisirs et de consommations ?

Cette génération d’après-guerre n’a, de fait, connu que la consommation, et veut maintenant profiter de la vie. Je l’appelle la génération « Mittrac », c’est-à-dire Mitterrand-Chirac. On habille cela de gauche, the droite, mais l’objectif générationnel est le meme. C’est le paradigme de l’individu roi et la fin de la suprématie du collectif sur l’individuel. L’histoire est tragicique et faite de guerres, d’épidémies et de famines. Tout d’un coup, à partir de 1968, il n’y a plus rien eu de tout cela. On a cru que cela allait toujours être comme ça, sans guerre, sans crisis, et qu’après tout on l’avait bien mérité… On s’est installé dans cette insouciance. Or il s’agissait d’une parenthèse, qui s’est refermee avec le return de la pandémie puis de la guerre. On ne peut reprocher aux boomers d’avoir profite de cette period enchantée. Mais le danger evident de vivre une époque aussi heureuse, c’est de ne pas être prêt quand les choses deviennent difficiles.

Le comfort a rendu egoiste toute une génération ?

Il ya 2 500 ans, l’homme était libre mais au service de la cité. Cette idea de liberté civique s’est imposée. Or on s’aperçoit aujourd’hui que la croissance, le progrès technique ont fait disparaître cet état d’esprit au profit d’une liberté individuelle : je ne suis plus un citoyen, mais un client-consommateur d’une entreprise tous s’appelle la France. La France me doit des choses mais moi je ne lui dois rien !

La liberté n’est pas a défendre, elle est a construire, even a se tromper. Ce qui m’est insupportable c’est le conformism de la pensée. Il faut penser par soi meme.

« Les actifs aident les seniors en cotisant, les seniors aident les vieux. Et les entreprises doivent apprendre la mise en place des retreats progressives »

The conformism et cet selfishness se retrouvent selon vous dans l’organization de notre système de retreats ?

La façon dont nous posons le problem de la retreat est aberrante ! Nous faisons de la retreat un progres social. Ce fut vrai pour celle du minor de fond et ça le demeure pour ceux qui ont un métier difficile. Notre system fait que la retreat est payée d’une génération à l’autre. Or aujourd’hui, la génération qui recoit a une situation beaucoup plus favorable que celle qui paye. Il ya trois fois plus de pauvres chez les moins de 30 ans que parmi les plus de 70 ans. Je crois qu’on ne peut plus continuer à parler des retraités. Il ya les seniors de 60 to 80 ans, qui peuvent très bien encore avoir une activity et ensuite les vieux, qui ont d’autres besoins. Or nous n’avons ni le personnel ni l’argent pour s’occuper de ces derniers, the plus and plus nombreux.

D’où votre reflexion sur l’idee d’un conseil de prévision pour les quinquagénaires ?

Ma proposition de conseil de prévision est concrete et s’inspire de ce qui se passe dans les pays nordiques. Durant toute notre enfance, on apprend à être adulte, mais quand apprend-on à être vieux ? Quand on étudie les chiffres sur l’espérance de vie en bonne santé, on est stupéfait de voir que les Français on dix ans de moins que les Suédois. D’abord parce que notre médecine est plus curative que preventive, ensuite parce que notre façon de vivre est moins saine. Donc il faut apprendre ce qu’est la vieillesse à partir de 50 ans, et ensuite organizer son vieillissement, notamment professionnel.

C’est le sens du passage devant un conseil de prévision, avec la perspective d’un service non pas military, mais social. Avec des engagements en fonction de son âge de départ à la retreat : plus j’arrête tôt, plus j’aide les autres. Ce serait en fait la mise en place d’une réserve civile, un peu sur le modèle pompiers volontaires. Si je résume, les actifs aident les seniors en cotisant, les seniors aident les vieux. Et les entreprises doivent apprendre la mise en place des retreats progressives avec une évolution des tâches. Le débat sur les retreats est aujourd’hui complètement faussé, puisque les syndicats font de la retreat un progrès social, alors que la réalité, c’est que la génération des boomers est devenue une génération son prédatrice qui a tout organisé détriment des plus jeunes.

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