Les dessous de l’offensive du fonds Bluebell sur Saint-Gobain

Après avoir semé la zizanie chez Danone, il ya un an, en obtenant le scalp du PDG Emmanuel Faber, Bluebell s’attaque à un autre bastion du CAC 40. Comme l’a rapporté le Financial Times, le 11 mai, le fonds activiste londonien a pris pour cible le géant français des matériaux de construction, Saint-Gobain. Depuis décembre, Bluebell, qui possède moins de 0.5% du groupe Héritier de la Manufacture royale des glaces, échange des courriers avec la direction de Saint-Gobain. Dans le détail, ce fonds, qui gère environ 250 millions d’euros d’actifs, demande à l’entreprise tricolore de scinder ses activités en deux, avec d’un côté les matériaux de construction, activité la plus lucrative, et de l ‘autre la distribution. “Ces deux business n’ont rien à faire ensemble, juge une source proche de Bluebell. Saint-Gobain doit avant tout se concentrer sur le manufacturing et les materiaux afin de baptist sa valorisation qui reste très faible par rapport à celles des competitors.”

Au sein de l’état-major du groupe français, habitué à être secoué par des fonds agressifs, à l’instar du raid avorté de Wendel en 2007, on joue le calme des vieilles troupes en rappelant que la “strategie (de l’ entreprise) s’est traduite par une performance record pour l’exercice 2021”. Et pour cause, avec un cours de Bourse qui a bondi de 65% l’an passé, dans le Top-5 du CAC 40, les marchés ont les yeux de Chimène pour Saint-Gobain et saluent la réorganisation interne menée de 2019 à 2021 et des perspectives favorables liées aux plans de rénovation energétique qui fleurissent en Europe, aux États-Unis ou en Asia. Le géant tricolore (44 milliards d’euros de chiffre d’affaires), qui s’est délesté ces derniers mois de 5 milliards d’euros d’actifs parmi lesquels Lapeyre, et s’est lancé dans une bulimie d’acquisitions, met aussi en avant le fait qu’il a entrepris de restructurer son portfolio vers les activités les plus rentables.

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