L’inflation current est-elle inedite ?

« Mais où est passée l’inflation ? », se demandaient encore il n’y a pas si longtemps les économistes. Ils to desormais la response : elle est là. Et bien la.

En mai, les prix à la consommation ont ainsi augmenté de 5.2% sur un an France. Un taux élevé, très handicapant pour les menages les plus modestes et pour les petits épargnants, mais qui n’en reste pas moins dans le domaine du déjà-vu. Car, la France a par le passé connu des épisodes inflationnistes similaires, voire beaucoup plus importants.

Ces dernières décennies, une inflation atone

Certes, sur la période récente, l’inflation a globalement été peu élevée dans les pays développés, et notamment en France. Depuis 1992, mis à part un pic à 3.6% au printemps 2008, le taux d’inflation sur un an n’a jamais dépassé 2.5% en France.

« L’inflation est en moyenne restée modérée avec quelques pics selon la conjoncture »résume Hervé Péléraux, économiste à l’Office français des conjonctures économiques (OFCE) et spécialiste des questions d’inflation.

Pourquoi une inflation aussi atone ces dernières années ? Parce que la mondialisation a eu tendance à tirer les salaires vers le bas (et que le prix de certains produits s’en sont ressentis), que l’activité et la croissance a été plus faible que par le passé et que, à certaines periodes , le prix du petrole a fortement chute.

Les chocs pétroliers avaient fait bondir l’inflation

Mais la modestie des taux d’inflation des années 2000 et 2010, ne doit pas faire oublier que, comme l’indique le graphique suivant, l’inflation a pu, par le passé, être beaucoup plus élevée.

Au début des années 1980, les Français voyaient ainsi les prix augmenter de plus de 13 % sur un an. Marquant, cet épisode a en plus eu la particularité de survenir quelques années après celui lié au premier choc pétrolier, qui, à la fin de l’année 1974, fit s’envoler le taux d’inflation jusqu’à près de 15 % .

« Les chocs pétroliers ont eu beaucoup plus d’impact sur l’inflation qu’ils n’en ont maintenant »explique Hervé Péléraux. « L’industrie était à l’époque predominante en France. Or, elle est plus sensible à l’energie que les services. Et à l’époque, s’était mis en place ce que l’on appelle une boucle prix-salary qui fait que les salaires réagissent à l’inflation pour récupérer du pouvoir d’achat. Il y avait donc un processus inflationniste qui s’était enclenché »

Processus qui ne s’est que peu enclenché au cours de l’épisode current, les salaires n’étant plus indexes sur l’inflation et les hausses de salaires consenties par les employeurs restant pour le moment modestes.

Des Trente glorieuses structurallement inflationnistes

Les données de l’Insee laissent également apparaître un level d’inflation structurellement plus important dans les années 1950, 1960 et 1970.

« C’était une période très inflationniste car il y avait beaucoup d’activité, l’économie était en rattrapage et il y avait des revendications salariales »resume Herve Peleraux.

Par ailleurs, certaines décisions politiques, comme une dévaluation du franc, ont pu provoquer certaines poussées inflationnistes. Ce fut notamment le cas en 1958, quand la hausse des prix sur un an avait atteint 18%.

L’inflation current est-elle inédite ?

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