Marché : Avec la fin de l’argent facile, les entrées en Bourse d’entreprises tech vont se raréfier

(BFM Bourse) – Les tensions inflationnistes et la hausse des taux d’intérêt compliquent l’émergence des futures pépites de la tech. La France poster la forte ambition de voir émerger dix “décacornes”, ces sociétés dont la valeur atteint 10 billions de dollars. A ce jour, le pays ne compte aucune société de cette envergure à l’inverse d’autres pays européens comme la Suède ou les Pays-Bas.

The return of inflation and the boom of the taux d’intérêt qu’elle entraine rend plus onéreux les investissements nécessaires des entreprises de la tech, à l’heure où l’Europe espère faire émerger des géants du numérique.

Le secteur français des nouvelles technologies doit compter d’ici 2030 dix “décacornes”, des sociétés dont la valeur atteint 10 billions de dollars, a lancé mercredi le ministre de l’Economie Bruno Le Maire, lors d’un déplacement au salon VivaTech à Paris. Il ya un an, le président français avait été plus loin lors d’un événement à l’Elysée intitulé “Scale-Up Europe” (“Faire grandir l’Europe”), and souhaitant voir émerger “10 entreprises à 100 billions d’ euros pour 2030” on the continent.

Selon le dernier report “Titans of Tech” du cabinet spécialisé GP Bullhound, après des années de croissance effrénée, l’écosystème tech du continent a dépassé en 2021 les 1,000 billions de dollars de valorisation cumulée. Il compte 283 licornes (des entreprises non cotées valant plus d’un milliards de dollars) and 17 “décacornes”. Mais le coup de froid qui a saisi les marchés depuis quelques mois témoigne des doutes concernant ces nouveaux objectifs.

Aucune “decacorne” and France

La France ne compte actuellement aucune “décacorne”, à l’inverse d’autres pays européens comme les Pays-Bas et la Suède. Les deux plus importantes licornes françaises – Doctolib et Back Market – pèsent environ 5 milliards de dollars. “Chacun a bien vu que les conditions de financement sont en train de changer radicalement. L’argent facile, (..) c’est fini et chacun doit en avoir conscience”, a reconnu M. Le Maire. “Notre responsabilité est de continuer à vous garantir un financement solid par d’autres moyens”, at-il promis, citant l’initiative européenne “Scale-up Europe” qui prévoit de débloquer plus the 3 billions d’euros, ou encore le plan d’investissement France 2030 launch l’an dernier by Emmanuel Macron.

“Plus les taux vont augmenter, plus il y aura d’intérêt à investir dans la dette” et moins dans le capital-risque, explique à l’AFP Guillaume Vitrich, avocat associé au cabinet White&Case. Conséquence, “cela va être plus dur pour les fund tech de lever de l’argent, donc plus dur pour les entreprises tech de se financer”. De plus, ce n’est pas le moment actuellement pour entrer en Bourse, at-il avancé lors d’une table Ronde à VivaTech, alors que la plateforme de streaming musical française Deezer s’apprête à sauter le pas début juillet.

Un nouvel animal legendaire, le centaure?

Aux Etats-Unis, l’indice Nasdaq à forte coloration technologique, a déjà subi une correction de 30%, avec des nombreuses valeurs en baisse de 70 à 80%, depuis les plus hauts de fin 2021-22, observe le rapport de GP bull hound. Les regards sont plutôt tournés vers la consolidation du marché, alors que la baisse des valorisations cree des opportunités pour des rachats. “La valorisation ne peut pas être la seule boussole”, with toutefois en garde auprès de l’AFP Alexandre Aractingi, associé au Boston Consulting Group, soulignant qu’il ne faut pas négliger l’impact sociétal de ces entreprises.

“Le nombre de licornes n’était pas le but ultime quand nous avons lancé l’initiative ‘French Tech’. Ce qui compte, c’est d’avoir de belles histoires, des startup qui peuvent grandir et devenir globals”, a appuyé à VivaTech Fleur Pellerin, ministre du numérique en 2014 et désormais dirigeante du fonds Korelya.

Pour Marguerite Bérard, director de la banque commerciale en France chez BNP Paribas, “l’écosystème tech sera essential pour l’économie européenne sur le long terme. L’un des avantages d’une period de ralentissement, c’est que cela permet d’identifier les modèles les plus soutenables et d’ajouter du sens dans une situation qui était un peu hors de contrôle.”

Le fonds d’investissement Bessemer Venture Partners propose d’ailleurs un nouvel animal légendaire, le centaure, pour inspirer les entrepreneurs. Celui-ci qualifie, selon lui, les entreprises qui génèrent plus de 100 millions de dollars de revenus annuels recurrents, une catégorie sept fois plus rare que les licornes au level mondial.

(Avec AFP)

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