Tensions sur l’euro : ce bazooka dont va avoir besoin la BCE pour empêcher le creusement des écarts de taux auxquels empruntent les États européens

La BCE va avoir besoin d’une poor forte pouvant être dissuasive.

La BCE va avoir besoin d'une poor forte pouvant être dissuasive.

Boris Roessler / POOL / AFP

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Poussée par l’inflation, la Banque central européenne devrait augmenter ses taux durant l’été. Les décideurs politiques ont besoin d’un plan pour défendre les membres les plus faibles de la zone euro contre la flambée des coûts d’emprun.

Atlantico : Face à la situation actuelle, à quel point faut-il craindre un creusement des écarts de taux auxquels empruntent les États européens, et notamment l’Italie ?

Jean-Paul Betbeze : C’est irrémédiable : les taux des banquescentrales sont partout en hausse, derrière la Banquecentrale américaine, parce que l’inflation s’inscrit at 8.6% aux États-Unis, que la Fed a monté ses taux de 0.5 % à 1% et pire parce que les marchés attendent encore deux hausses jusqu’à 0.75% ! Derrière, après our ans, la Banque Centrale européenne annonce aussi se mettre en mouvement, avec une boom de 0.25% lors de sa prochaine reunion, puis 0.5% à la rentrée de septembre, puis 0.25% au moins lors the ses reunions de début d’année 2023 : avec 8.1% d’inflation elle n’a pas le choix ! Même la Banque Centrale du Japon devra sortir de ses taux négatifs.

Mais ce qui se passe aux Etats-Unis n’est pas ce qui se passe ici et aura, ici, des effets bien plus négatifs. Aux Etats-Unis en effet, l’inflation est surtout interne, salariale, donc elle doit être combattue fortement par la Fed, tandis qu’elle est surtout importée en zone euro, par les hausses des prix de l’énergie et des produits agricoles et alimentaires d’abord, puis par des hausses de salaires qui s’ensuvent. C’est donc le travail de la BCE de moins hausser les taux et de calmer les tensions.

La BCE œuvre dans une zone complex, différenciée et à proximité de la guerre d’Ukraine qui accentue ses différences, alors que tout le travail de la zone euro, don’t le sien, était de les réduire. L’Italie a ainsi moins d’inflation (6.9% contre 8.1%), peu de croissance mais beaucoup de dette : 1.5 fois son PIB contre 0.7 fois pour l’Allemagne, 1.1 fois pour la France et 1,2 fois pour l’Espagne.

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Les marchés financiers craignent donc une réplique de la crisis de 2012 : les taux à 10 ans italiens sont à 4.3% contre 1.8% pour les taux allemands, un écart de 250 points de base !

Dans quelle mesure la BCE at-elle besoin d’un “Bazooka”, au sens d’une poor forte pouvant être dissuasive, comme l’argumente l’éditorialiste de Bloomberg Marcus Ashworth ?

Oui, surtout un bazooka psychologique comme le “whatever it takes” de Mario Draghi en juin 2012. La situation était alors celle de “la crisis des dettes souveraines”, ayant dévasté l’Irlande, la Grèce, le Portugal et l’Espagne. Elle gagnait l’Italie, alors qu’on savait que la BCE n’avait pas les moyens de la contrer.

Le bazooka psychologique de Mario Draghi est un modèle du genre : zero ne l’a vu, zero n’a vu sa puissance de feu mais zero n’a douté que Draghi n’hésiterait pas à tirer, ce qui ferait perdre des fortunes si les marches se mesuraient a lui.

Évidemment, les marchés demanderont « quel volume d’achats » pour ce bazooka, un peu pour savoir s’ils pourront jouer contre, surtout pour savoir si la BUBA (le Chancelier) est d’accord. Donc, moins on parle chiffres, mieux c’est ! Le bazooka est une poor de guerre.

Quelles seraient les consequences si la BCE ne faisait rien face à ce phenomène, meme symboliquement ? Et notamment si l’Italie, troisième économie de la zone euro, voit ses taux d’emprunt monter trop haut ?

Le meilleur bazooka est symbolique : pas de chiffre, la BCE n’hésitera pas à tirer, donc la défier est ruineux, au sens strict. Bien sûr l’Italie peut demander l’aide de l’Europe et du FMI, mais les marchés savent que Draghi part en 2023, date des élections. Que feront les populistes, devant le danger d’une sortie de l’Italie de l’Europe, donc de son éclatement ? Merci aux marchés de poser aujourd’hui la question.

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Quelles pourraient être les slopes de ce “bazooka” ? Que peut mettre sur la table la BCE ?

Ce qui est sûr, c’est que Christine Lagarde évitera son erreur du 11 mars 2020 : « Nous ne sommes pas ici pour fermer les spreads », « not to close the spreads » : il aura suffi de ces 5 mots sibyllins pour faire remonter les returns italiens de 1,1% le 11 mars at 1.8% le 13 et faire de l’Italie le point le plus faible encore du système européen, aux yeux de tous ! » (mon article « l’Italie victime de la pandémie… ET de Christine Lagarde », dance Atlantico). Maintenant les yeux des marches sont sur la seule Italy.

Il faut d’abord un bazooka zone-euro qui réduise son risque global : plus the croissance, politique energétique commune, politique de defense commune sans doute. Peut-être des fonds spéciaux pour faire face aux risques currents : Ukraine, réchauffement, energie, avec un assouplissement des rules dites de Maastricht.

Mais il est clair que la BCE est très inquiète du risque de fractionnement, évoqué à plusieurs reprises lors de la dernière conference de presse : c’est là qu’elle sera attendue la prochaine fois. Le mieux serait un fond important, par exemple 500 milliards, mais sans ceiling ni date de fin, dependant de la situation et géré par un groupe ad hoc des dirigeants de la banque. Souple, sans limite de taille, the composition ne ne date de fin des achats : le bazooka doit faire peur à qui s’y frotte, donc ne peut pas tout dire : la credibilité va bien avec une dose de secret.

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